Le matin, je suis sortie dans le jardin presque machinalement, mon portable dans une main, une tasse de café dans l’autre.
Le sol était encore humide de la pluie de la nuit précédente, l’asphalte sombre, et l’air chargé de cette odeur caractéristique de terre mouillée.
Je me dirigeais vers les poubelles quand quelque chose attira mon regard : une étrange tache sur le chemin, allongée, rosée et brunâtre.

Au pied du conteneur, sur l’asphalte, j’aperçus ce curieux amas. Ma première pensée fut qu’il s’agissait de déchets… jusqu’à ce qu’il se mette à bouger. Au début, je ne m’arrêtai même pas ; je croyais qu’on avait juste jeté de la nourriture.
Sérieusement, c’est ce que j’ai cru : un plat de spaghettis tombé par terre.
Là, entassé irrégulièrement, humide et collant, comme tout juste sorti de l’eau. Je m’approchai pour le pousser… et un frisson me parcourut tout le corps.
La masse respirante
L’amas bougeait. Horrifiée, je réalisai que ce n’étaient pas des spaghettis… mais quelque chose de vivant.
Je le fixai, incapable de comprendre ce qui me mettait autant mal à l’aise. Puis la vérité s’imposa : ce monticule se mouvait lentement. Pas de gestes brusques, mais un rythme étrange, comme si tout le corps respirait. À l’intérieur, de fines lignes s’entrelacaient, formant un seul organisme mouvant.
Une vague de dégoût m’envahit.

Je fis un pas en arrière et, instinctivement, commençai à filmer. Une seule pensée me traversait l’esprit : ce n’est pas possible. Dans mon propre jardin… face à quelque chose qui n’aurait jamais dû exister.
La réaction amère d’Internet
Plus tard, je cherchai sur Internet la première idée qui me vint : « on dirait des spaghettis… mais ça bouge. » Presque immédiatement, je compris que j’aurais mieux fait de ne pas chercher.
Ce n’étaient ni des déchets ni de la nourriture. C’était un amas de vers. Des dizaines, peut-être des centaines, enchevêtrés dans une seule masse vivante.
Ils avaient émergé après la pluie, à court d’oxygène dans le sol, et s’étaient rassemblés là, juste sous ma fenêtre, dans cette boule grouillante. Je m’accroupis, regardai mon écran, puis l’asphalte… et mes membres se mirent à trembler. Je savais enfin ce que c’était.
Depuis ce jour, je ne regarde plus jamais le sol machinalement.
Parfois, on sort dans le jardin en pensant à des choses insignifiantes…
et on tombe sur quelque chose qui vous noue l’estomac et qui ne vous quitte plus pendant longtemps.

