Lorsque j’ai regardé cette émission de la Radio-Télévision de Voïvodine, j’ai immédiatement été séduit par l’atmosphère à la fois chaleureuse, spontanée et particulièrement riche créée dans le studio 3 par la présentatrice Marina Buljovčić et ses invités. Nedeljom uživo, le magazine diffusé le dimanche après-midi, propose précisément cette diversité et cette profondeur culturelle que l’on attend d’un programme télévisé de qualité.
Le rythme de l’émission s’est révélé particulièrement dynamique. Les sujets culturels et historiques les plus sérieux alternaient naturellement avec des séquences plus légères, des moments de divertissement et de la musique jouée en direct. J’ai notamment apprécié les prestations de Kleva et Neša, qui ont ouvert puis clôturé l’émission avec leurs propres compositions, donnant ainsi aux différentes discussions un cadre musical à la fois intime et énergique.
L’un des moments les plus intéressants de l’émission a été, à mes yeux, l’entretien avec le réalisateur slovène Andrej Košak. Celui-ci est revenu sur son film consacré au mouvement punk durant la période communiste, présenté au festival international du documentaire Beldocs.
Il était passionnant de l’entendre évoquer cette époque marquée par un profond désir de liberté, la rébellion de la jeunesse et l’atmosphère sociale particulière qu’il a réussi à restituer grâce à des images d’archives. La conversation a également réservé une petite surprise lorsqu’il a évoqué un précédent travail lié à Melania Trump, apportant une dimension inattendue et intrigante à l’entretien.

L’émission s’est ensuite tournée vers la mémoire historique et les liens d’amitié entre les peuples.
La rédactrice Mirjana Rastović et le directeur de la photographie Bojan Ognjanovac ont raconté les coulisses de leur reportage tourné sur l’île grecque de Corfou et consacré à l’amitié gréco-serbe.
Leur récit était particulièrement émouvant. On pouvait ressentir tout le respect avec lequel ils avaient abordé ces lieux chargés d’histoire ainsi que leur volonté de préserver la mémoire des destins humains qui y sont associés. Cette séquence a donné à l’émission une profondeur supplémentaire, rappelant à quel point l’histoire peut encore aujourd’hui créer des liens puissants entre les générations et les peuples.
Dans la seconde partie du programme, l’ambiance est devenue plus intime avec une séquence consacrée à l’importance de la gratitude et à la chanson Hvala ti.
Tatjana Pavićević et ses jeunes invités ont rappelé, avec beaucoup de simplicité et d’émotion, combien il est essentiel de savoir parfois interrompre le rythme effréné du quotidien pour apprécier un instant et simplement dire « merci ».
Après une escapade virtuelle dans la magnifique ville baroque de Noto, en Sicile, l’émission a pris une direction beaucoup plus moderne et scintillante.
Diana Petrović a présenté des paillettes comestibles capables de transformer une simple boisson en une expérience visuelle spectaculaire et presque magique.
Enfin, Miloš Jovanović a offert aux téléspectateurs un avant-goût du prochain concert de Muzikon, prévu à la synagogue de Novi Sad, apportant une élégante touche musicale à la conclusion du programme.
Au final, Nedeljom uživo m’a semblé être une émission remarquablement fluide, humaine et inspirante. Culture, musique, histoire, voyages, émotions et créativité quotidienne s’y rencontrent avec naturel, donnant naissance à un programme varié qui réussit à informer sans devenir pesant et à divertir sans perdre sa profondeur.
Une belle manière de montrer qu’un dimanche après-midi devant la télévision peut aussi devenir un véritable voyage à travers l’art, la mémoire, les rencontres et les petites merveilles du quotidien.

